La reforme des retraites : une pause… mais pas un arrêt définitif

Où en est-on exactement ?

Revenons d’abord aux éléments essentiels. La réforme des retraites portée en 2023 avait pour ambition de sécuriser l’équilibre financier du système face au vieillissement de la population. Deux leviers principaux avaient été actionnés :

un report progressif de l’âge légal de départ, de 62 à 64 ans, à raison de trois mois supplémentaires par génération à compter des personnes nées en 1961 ;

un allongement de la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein, jusqu’à 172 trimestres pour les générations les plus jeunes.

 

L’enjeu financier était majeur : environ 15 milliards d’euros d’économies attendues chaque année à l’horizon 2030.

Cette réforme a toutefois suscité une opposition sociale très forte, notamment en raison de ses effets sur les carrières longues et sur les parcours professionnels féminins.

Dans un contexte politique instable – dissolution, changements ministériels successifs, tensions autour du budget 2026 – le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la suspension de la réforme pour les pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026. Une décision avant tout destinée à éviter une nouvelle crise gouvernementale.

 

Un point clé à avoir en tête : Suspension ne signifie pas suppression.

Sauf nouvelle décision politique, le relèvement de l’âge de départ reprendra automatiquement à compter du 1er janvier 2028. La présidentielle de 2027 pourrait donc, à nouveau, rebattre les cartes.

Ce que cela change concrètement selon votre année de naissance !

 

Personnes nées en 1963 ou avant

Pour ces générations, aucune modification :

-âge légal de départ : 62 ans et 9 mois ;

– durée requise pour le taux plein : 170 trimestres.

 

Personnes nées en 1964

Avant suspension : départ prévu à 63 ans.

Depuis la suspension : départ possible à 62 ans et 9 mois.
→ gain de 3 mois et durée de cotisation maintenue à 170 trimestres (au lieu de 171).

 

Personnes nées au 1er trimestre 1965

Avant : départ à 63 ans et 3 mois.

Après suspension : départ à 62 ans et 9 mois.
→ gain de 6 mois et deux trimestres de moins à valider (170 au lieu de 172).

 

Personnes nées entre avril 1965 et fin 1968

Ces générations sont dans une zone intermédiaire, car elles seront concernées par la reprise de la réforme en 2028, si aucune nouvelle loi n’intervient.

Dans l’état actuel des textes :

nés en 1965 (avril à décembre) : 63 ans ;

nés en 1966 : 63 ans et 3 mois ;

nés en 1967 : 63 ans et 6 mois ;

nés en 1968 : 63 ans et 9 mois.

Durée de cotisation :

171 trimestres pour les assurés nés entre avril et décembre 1965 ;

172 trimestres pour les générations 1966 à 1968.

 

Focus sur le dispositif « carrière longue »

Pour les assurés nés entre 1964 et 1968 ayant commencé à travailler très tôt, les règles varient selon l’âge d’entrée dans la vie active (avant 16, 18, 20 ou 21 ans).
L’âge de départ peut ainsi être avancé, parfois dès 58 ou 60 ans, sous réserve de valider le nombre de trimestres requis (170 à 172 selon les cas).

C’est typiquement une situation où une analyse personnalisée est indispensable pour éviter toute erreur d’interprétation.

 

Personnes nées à partir de 1969

Pour ces générations, aucun changement à ce stade :

départ à 64 ans ;

172 trimestres pour le taux plein.

Seule une future réforme, après la prochaine élection présidentielle, pourrait modifier ce cadre.

 

Un ajustement favorable aux retraites des femmes dès 2026

Autre évolution importante : le mode de calcul de la pension de base.
Aujourd’hui, celle-ci repose sur la moyenne des 25 meilleures années. À partir de 2026, le nombre d’années retenues est modulé selon le nombre d’enfants :

24 meilleures années pour une mère d’un enfant ;

23 meilleures années pour une mère de deux enfants ou plus.

Cette mesure constitue une avancée concrète, susceptible de bénéficier à près d’une femme sur deux dès l’an prochain.

 

Cumul emploi-retraite : des règles plus strictes à partir de 2027

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit également un durcissement progressif :

-avant 64 ans : la pension serait intégralement réduite en fonction des revenus d’activité, afin d’encourager la retraite progressive ;

-entre 64 et 67 ans : cumul partiel, avec écrêtement de la pension à hauteur de 50 % des revenus dépassant un seuil (envisagé autour de 7 000 € par an) ;

-après 67 ans : cumul totalement libre, avec la possibilité de générer de nouveaux droits à pension.

 

Anticiper pour sécuriser son départ

En l’espace de deux ans, le système des retraites a connu une réforme d’ampleur… puis un gel partiel. Et sauf décision politique contraire, les règles suspendues pourraient revenir dès 2028.

À l’approche de la liquidation des droits, les interrogations – et l’inquiétude – sont légitimes. Une erreur peut avoir un impact financier durable.

Un rapport de la Cour des comptes publié en mai 2025 indique que plus d’un nouveau retraité sur dix a perçu une pension erronée en 2024, le plus souvent à son désavantage.

Carrières hachées, changements de statut, périodes à l’étranger, multi-régimes… dès que le parcours sort du schéma simple, le risque augmente.

 

Faire réaliser un bilan retraite complet par un cabinet indépendant spécialisé chez THALIA, c’est :

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optimiser durablement le montant de sa pension,

et surtout, retrouver de la sérénité sur une étape clé de la vie

Auteur : Conseils Retraite

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